Méthode de programmation participative basée sur les usages
Développée pour le CPFB
Utilisée pour le CPFB, l'HPS les Marronniers, la Helha et d'autres.
Il est rare de recevoir un appel d'offre avec une programmation claire qui corresponde à son environnement, ses usagers et son budget. Trop souvent, la programmation se résume à une liste non exhaustive de pièces pensée à partir de la situation existante et complétée par ce qu'il semble manquer. C'est le rôle de l'architecte de créer les espaces nécessaires pour maximaliser l'usage des lieux. En accompagnant l'occupant vers la définition de ses usages et non de ses lieux on peut créer un bâtiment qui s'adapte réellement aux besoins de ceux qui l'habitent et qui participe activement à la collaboration et la sociabilité. .
En effet, une institution est multiple, tant au niveau des activités, de ses usagers, de ses horaires, de la taille des groupes. Il est donc capital de définir de concert avec les utilisateurs le projet qui tiendra compte de cette particularité. et si traditionnellement, un programme est conçu de la manière suivante :
LIEU = FONCTION = USAGE(S),
pour s’adapter à la réalité du terrain nous proposons de supprimer l’affectation permanente d’un lieu à une fonction. Les fonctions sont mobiles et les personnes se déplacent en fonction de l’activité qu’ils doivent réaliser pour trouver le lieu parfaitement adapté. Nous allons définir des lieux, fortement caractérisés, conçus pour accueillir des usages.
LIEU = USAGES, LA FONCTION EST MOBILE.
Nous avons initié avec le CPFB, en 2018, une réflexion très précise sur les différents usages que le bâtiment doit accueillir et définir le cadre optimal (calme/bruyant
– formel/informel – seul/groupe – grand lieu/petit lieu – confidentiel/ouvert – fixe/mobile). Nous avons également fait un travail de recherche sur la position de travail en fonction de la tâche et afin de définir les lieux et le mobilier propre à les accueillir. Depuis nous avons utilisé cette méthode sur de nombreux projets.
Pour définir des lieux, fortement caractérisés, conçus pour accueillir des usages, il faut faire une analyse fine de ce qui se fait (ou pourrait se faire) au sein de l’institution. Pour cela, la programmation participative est un outil indispensable mais elle doit être accompagnée de documents graphiques adaptés aux interlocuteurs.
En effet, l’utilisateur ne sait pas (dans la grande majorité) dire ce dont il a besoin, il (ne) sait (pas toujours) ce qui le dérange et veut reproduire à l’identique ce qui
lui plait. Les questions : quel est ton trajet ? quel est l’espace dont tu as besoin ? sont souvent trop abstraites, l’usager ne comprend pas l’intérêt architectural derrière la question (les flux, les connexions, la pause etc…), il se réfère à ce qu’il connait et le contexte souvent peu adapté de l’existant peut l’orienter vers des besoins qui sont en réalité des habitudes contraintes.
Par contre l’usager connait son métier, ses habitudes, il sait ce qu’il aimerait pouvoir faire etc... Orienter la programmation participative sur l’usage nous a
permis d’obtenir des informations plus adaptées à la conception sans être noyé sous une marée d’informations inutile.
Il s'agit de comprendre les besoins des utilisateurs, de comprendre ce qu'ils font, pourquoi ils le font comme ça et quelle serait la manière idéale de le faire.
Pour cela, nous avons rempli des grilles reprenant les dynamiques de groupe, les positions de travail, le rapport à l'autre, les outils etc...
Pendant le premier atelier, nous ne parlons pas de spatialité. Le but de l'atelier est de définir les usages et de les caractériser. Par exemple est-ce que l'usage est bruyant, est-ce qu'il nécessite un équipement particulier, quel est le type d'interaction ? etc...
Le dernier atelier permet de ranger les lieux. On débat de leur place dans le bâtiment, de leur rapport à l'espace public, de leur rapport à l'usager etc... Le but étant de comprendre la hiérarchie entre les lieux, les mutualisations possibles et les proximités souhaitées.
Une fois les conclusions de ce dernier atelier validées, nous pouvons commencer l'esquisse et enfin entrer dans l'espace.
Une fois les informations récoltées grâce aux différents groupes de travail, nous pouvons les analyser et les organiser pour créer des lieux capables d'accueillir les différents usages.
Une première réunion est prévue avec les utilisateurs
pour présenter les synthèses des différents groupes de travail et une fois cette étape validée, une seconde réunion est organisée pour présenter ces lieux.
Il est important de préciser qu'à ce stade nous ne parlons encore de spatialité, nous développons des lieux types (exemple : espace polyvalent pour 20 personnes + collaborer : murs inscriptibles, mobilier mobile etc...).